Le Monde comme volonté et comme représentation

Dans *Le Monde comme volonté et comme représentation*, Arthur Schopenhauer dépeint une réalité dominée par une **volonté aveugle et insatiable**, source de toute souffrance. Seuls l’art, la compassion et l’ascèse offrent des échappées temporaires à cette emprise. Une œuvre fondatrice du pessimisme philosophique moderne.

Description

Publié en 1818 (et profondément remanié en 1844), *Le Monde comme volonté et comme représentation* est l’œuvre maîtresse d’Arthur Schopenhauer, dans laquelle il propose une vision radicale et profondément originale de la réalité. S’inspirant de Kant, il distingue deux dimensions du monde : d’un côté, le **monde comme représentation**, c’est-à-dire la réalité telle qu’elle nous apparaît, structurée par les formes a priori de notre esprit (espace, temps, causalité) ; de l’autre, le **monde comme volonté**, force obscure, impersonnelle et insatiable qui constitue le fond même de toute existence.

Cette **Volonté** — pulsion aveugle, éternelle et universelle — se manifeste dans tous les phénomènes de la nature, mais surtout dans le désir humain : faim, soif, ambition, sexualité… Toute vie n’est qu’expression de cette volonté de vivre, qui condamne l’être à un cycle sans fin de manque, de souffrance et d’insatisfaction. Le bonheur, lorsqu’il existe, n’est qu’une pause fugace entre deux désirs.

Face à ce constat pessimiste, Schopenhauer cherche des voies de salut. Il identifie trois moyens de suspendre temporairement l’emprise de la Volonté :
1. **L’art**, et surtout la musique, qui permet à l’individu d’accéder à une contemplation désintéressée du monde, libérée du désir ;
2. **La morale de la compassion**, fondée sur la reconnaissance de l’unité métaphysique de tous les êtres souffrants ;
3. **L’ascèse**, forme ultime de renoncement où l’individu nie la Volonté en lui-même, atteignant ainsi une paix proche du néant — assimilée à la libération bouddhiste.

Œuvre à la fois métaphysique, esthétique et éthique, *Le Monde comme volonté et comme représentation* marque une rupture avec l’idéalisme allemand triomphant de son époque. Son pessimisme lucide, sa sensibilité artistique et son ouverture aux sagesses orientales en ont fait une source d’inspiration majeure pour des penseurs aussi divers que Nietzsche, Freud, Tolstoï ou Thomas Mann.

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